Boris Vian : J’irai cracher sur vos tombes

Boris Vian (Vernon Sullivan) – J’irai cracher sur vos tombes

Lee Anderson, un Noir à la peau blanche, refait sa vie en tant que libraire après le meurtre de son petit frère. De cet épisode ne lui est resté qu’un esprit vengeur qu’il n’hésitera pas à exprimer en s’intégrant dans une communauté assez sulfureuse…

213 pages

 

 

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Plutôt violent dans le genre, mais pourtant poétique

Ayant adoré L’écume des joursdu même auteur, j’ai décidé de pousuivre sur ma lancée avec ce livre. Je m’y suis lancée a corps perdu, sans réfléchir ni même consulter les avis circulant dessus, ce que je fais habituellement. Ce n’est qu’après une cinquantaine de pages me laissant pantoise que je me suis aperçue qu’il était qualifié comme étant violent à la limite du supportable. A vrai dire, si j’avais lu de tels avis plus tôt, il y a de fortes chances pour que je ne l’aie jamais acheté. Et pourtant, je l’ai tout bonnement adoré.

     La seule chose Vianesque à comprendre dans ce livre est la couleur de peau du personnage principal, Lee Anderson. En effet, il revendique ses origines Noires, a deux frères Noirs mais est lui-même de couleur blanche… et blond, de surcroît. Son petit frère, désigné comme « le gosse » durant tout le livre, a été assassiné par le frère et le père de la jeune fille qu’il aimait et qui avait le malheur d’être blanche. Cela ne fera naître en Lee qu’un pur désir de vengeance. C’est ce qui le pousse à quitter sa maison pour s’installer en ville en tant que libraire. Il fera rapidement la connaissance de Judy, Jicky, Dick, Dexter et de toute une petite bande d’ados en manque d’alcool et sexuellement très actifs. 

     J’ai retrouvé dans ce livre la poésie de Vian et sa façon d’écrire qui m’a totalement faite craquer lorsque j’ai lu L’écume des jours. A vrai dire, même si l’histoire est très spéciale, la façon qu’il a de dire les choses m’a portée tout du long. Le mental totalement dérangéde Lee a réussi àtrouver sa place dans la plume de l’auteur. Les personnages ne sont pas très approfondis, mais je ne les ai pas trouvés « lisses » pour autant, ce que je reproche parfois aux livres. En fait, on voit bien que les pesonnages de second plan sont volontairement laissés de côté par l’auteur et qu’il a preféré développer Lee qui est très complexe. Même Jean et Lou Asquith, qui sont très importantes dans le récit, reste très sommaires. Leur description se fait seulement physiquement, et ainsi nous voyons que le narrateur ne s’attarde que sur leur paraître.

    Ce livre m’a un peu choquée en le lisant parce qu’il est très cru. Après, je ne sais pas si je pourrais considérer cela comme un point faible. J’ai un peu de mal à en trouver à ce livre : il est juste spécial, unique en son genre. Comme l’est un livre de Vian, en fait !

Note finale : 17/20

Style, complexité du personnage principal, autres personnages, trash

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L’auteur

Boris Vian est né en 1920 et est décédé en 1959 à l’âge de trente-neuf ans. Il a écrit une dizaine de romans dont la moitié sous le nom de Vernon Sullivan. Ses écrits parfois choquants lui valent d’être jugés à de nombreuses reprises.

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