Amélie Nothomb : Acide Sulfurique

Amélie Nothomb – Acide Sulfurique

Pannonique et la kapo Zedna sont prisonnières d’un jeu de téléréalité reproduisant le système des camps de concentration. Un lien va rapidement s’installer entre elles et les aider à se sortir d’un cercle dangereux.

213 pages

 

 

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Malsain mais tristement réaliste

Acide sulfurique est mon troisième livre d’Amélie Nothomb, après Hygiène de l’assassin et La Nostalgie heureuse. Ayant beaucoup aimé ces deux derniers, je n’ai pas hésité une seconde à me lancer dans celui-ci. J’y ai totalement retrouvé le côté malsain d’Hygiène de l’assassin, mais étrangement pas le style particulier de l’auteure… A moins que je ne m’y sois tout simplement habituée. Ce roman est passé comme une lettre à la poste.

    Il raconte une folie des hommes, c’est-à-dire une émission de téléréalité basée sur les camps de concentration nazis. La phrase écrite au dos de mon édition, qui est également la toute première du roman, et en dit long sur ce qui nous attend : « Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle. » Nous rencontrons dès les premières pages Pannonique, qui sera prisonnière du camp, et Zedna, qui sera une « kapo » chargée de lui hurler dessus et de la frapper à tout bout de champ. 

    Je ne me suis absolument pas attachée aux personnages. Je les ai trouvés beaucoup trop froids. Peut-être parce que le livre est à la troisième personne, ce qui nous permet de suivre plusieurs points de vue et donc de ne pas plus nous attarder que cela sur l’une des deux personnages principales. Peut-être est-ce fait exprès est c’est cela qui garantit au livre cette atmosphère particulière. Toujours est-il que même si cet aspect glacé me dérange souvent dans les livres, je n’ai pas été choquée par cela dans Acide sulfurique. Au contraire, à mes yeux les personnages s’effaçaient tellement qu’ils laissaient apparaître le mécanisme monstrueux derrière eux.

     Ce roman a un seul et unique point fort : il met tellement mal à l’aise et est tellement malsain que sa morale est très forte. Personnellement, je réprouve totalement certains programmes de télévision actuels, même s’ils ne sont pas comparables ici à Concentration. Mais ce à quoi notre nature de téléspectateurs peut s’identifier, c’est à la montée d’audience que connaît ce programme-là. En effet, plus Pannonique exhorte les téléspectateurs à boycotter Concentration, plus l’audience monte, jusqu’à arriver à 100%. Plus c’est affreux, plus on regarde, et j’ai bien peur qu’il s’agisse de la triste réalité. En tout cas, il s’agit de mon opinion.

  Acide sulfurique est incroyablement malsain, à l’image d’Hygiène de l’assassin. Cet effet est sûrement rendu par la cruauté des kapos et des organisateurs et par le balancement de Zedna entre son amour pour Pannonique et la fidélité à son travail. L’insalubrité des lieu, la difficulté de vivre ensemble, et surtout la faim qui tenaille les prisonniers sont des thèmes récurrents du livre. L’horreur de l’émission de téléréalité nous est tellement bien relatée que l’on ne comprend pas les téléspectateurs qui continuent à regarder l’émission. Ce dernier problème nous pose alors une seule question : qu’aurions-nous fait, nous, à leur place ? C’est là que l’humanité montre toute la cruauté dont elle est capable.

    Je n’ai été qu’à moitié satisfaite par la fin du livre. Oui, on s’y attend, mais je l’ai trouvée un peu trop rapide. C’est dommage. Mais bon, ce n’est pas la fin l’important, mais ce qui a amené à un tel aboutissement. 

     Un livre que j’ai très vite lu, court, mais fort bien que malsain. Une fois de plus, merci madame Nothomb.

Note finale : 17/20

Morale de l’histoire, fin, personnages

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Amélie Nothomb est une auteure belge très réputée née en 1966. Elle a écrit de nombreux romans dont Stupeur et Tremblements, Métaphysique des Tubes, La Nostalgie heureuse Et Pétronille. Son style particulier lui vaut d’être adorée ou au contraire détestée par ses lecteurs. Comme dirait Romain Gary, « il faut aimer ».

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