Margaret Atwood : La Servante écarlate

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Margaret Atwood : La servante écarlate

(The Handmaid’s Tale)

Defred est une Servante. Son corps appartient au Commandant et à son épouse ; sa seule mission est de concevoir. Son conte effroyable relate ce futur qui paraît si lointain et pourtant si proche.

Un livre glaçant, qui fait songer à la situation actuelle.

Je suis très intéressée par la cause féministe. Et pour cela, après avoir entendu parler de la série qu’a inspiré le livre, j’ai décidé de me lancer. Je n’avais aucun a priori ; les avis là-dessus paraissaient partagés. Finalement, le mien est assez mitigé également, pour diverses raisons.

La citation de Télérama au dos de mon édition dit : « Les meilleurs récits dystopiques sont universels et intemporels. Ecrit il y a plus de trente ans, La Servante écarlate éclaire d’une lumière terrifiante l’Amérique contemporaine. » Cela résume parfaitement mon opinion du livre. Il est à la fois hors du temps tout en résonnant à nos oreilles. Le gouvernement américain renversé, les femmes se voient peu à peu privées de leurs droits. Plus de travail, plus de possibilité de payer… Jusqu’à ce que des castes se mettent en place. Les Epouses, les Commandants, les Econofemmes, les Marthas… Et puis les Servantes. Ces femmes utilisées uniquement pour donner un enfant aux couples riches. Arrachées à leur famille, elles sont passées dans les rudes mains des Tantes afin de se soumettre à leur triste destin.

J’ai été un peu surprise devant le contenu de ce livre. Je pensais voir devant moi de grandes révolutions, un peuple opprimé qui se soulève. De ce fait j’ai été déstabilisée en arrivant à la fin du livre et en me disant : « c’est tout? » Je suis peut-être passée à côté de ce qui fait que cette histoire a eu tant de succès. Je m’attendais sûrement trop à une dystopie « active ». De plus, je regrette un peu que le système dans lequel vit la narratrice Defred ne soit pas plus détaillé: il ne nous est livré que par bribes. Je pense que cela aurait mérité un peu plus d’explications, qui auraient permis aux lecteurs d’appréhender un peu plus son histoire.

Cependant, je ne veux pas trop cracher sur ce livre car il demeure très plaisant. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants, mais ils restent très réalistes. Tous sont montrés avec leurs penchants sombres et leurs côtés positifs, leurs tracas, leurs espoirs. J’ai aimé le personnage de Serena Joy qui m’a semblé très travaillée et assez ambivalente. Defred m’a parfois agacée par sa passivité… Cependant, j’ai apprécié les moments où elle parle de son passé et qu’elle montre comment ce régime s’est mis en place… Ces passages, bien que rares et peu approfondis, permettent d’entrevoir l’être humain qui se cache sous cette carapace d’impassibilité, et d’un peu plus se lier au personnage.

Ce qui choque en lisant La Servante écarlate, c’est l’aspect « futur proche » de l’histoire. Si le regard que la société pose sur les femmes n’évolue pas, qui sait ce qui pourrait arriver ? Le droit des femmes a tendance à régresser alors que de nombreux.ses activistes poussent les gouvernements à faire évoluer les choses. Peut-être qu’un jour certaines femmes seront utilisées uniquement pour procréer, que les autres seront parquées chez elles à attendre que leur mari revienne du travail, comme il y a encore quelques années. Les mœurs évoluent à vitesse grand V, peut-être qu’un jour elles régresseront, reviendront au point de départ. Peut-être que le machisme ne disparaîtra jamais. Peut-être que la condition féminine est à jamais figée… Ce qui est sûr, c’est que ce livre parfois lassant soulève de nombreuses questions.

En somme, lire La Servante écarlate peut être une expérience déstabilisante. C’est à des kilomètres de ce à quoi on peut s’attendre. Il n’en demeure pas moins agréable à lire, fluide et intéressant, même s’il aurait mérité quelques approfondissements.

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Margaret Atwood est une écrivaine canadienne notamment connue pour son ouvrage La servante écarlate (et sa suite, Les testaments), adapté en 2017 en série télévisée et qui lui a valu de nombreux prix littéraires. (wikipédia)

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