Julie Bonnie : Mon amour,

Elle est à Paris avec sa fille, à peine vieille de quatre jours, seules pour un moi. Lui vient de partir en tournée, il est pianiste de jazz. Il savent que c’est long un mois. Elle n’aime pas le téléphone, alors ils s’écrivent. Se disent toutes ces petites choses qu’on a pas à se dire quand on est ensemble, se racontent au quotidien. La maternité, les concerts, les joies, le temps qu’il fait, le temps qui passe, les manques, les matins. Une partie de leur vie sans l’autre, avec le décalage de la correspondance. Mais ils taisent de plus en plus les peurs, les pleurs, les doutes, les rencontres, les entorses. L’autre partie de leur vie sans l’autre, là où se mesurent la distance, ses risques et ses conséquences.

Un roman épistolaire court mais intense.

Ce livre m’est tombé entre les mains alors que je farfouillais à la Fnac. L’été approchant, je cherchais un roman à l’eau de rose pour lire sous le soleil. Celui-ci, avec sa longueur plus que très raisonnable (moins de deux cent pages), son résumé accrocheur et sa jolie couverture, m’a tout de suite séduite. Je me suis littéralement jetée dessus ! S’il a attendu un peu dans ma bibliothèque avant de devenir mon livre de chevet pour quelques jours, je ne suis pas mécontente qu’il ait partagé mon temps.

Il s’agit de l’histoire de Diniski, pianiste de jazz émérite, qui laisse sa fille Tess en compagnie de sa femme, nommée Fée tout au long du récit, le temps d’une tournée. Mon amour, est la compilation des lettres qu’ils s’envoient tout au long de ce long mois de séparation. Les lettres qu’ils s’envoient mais aussi celles contenant tout ce qu’ils n’oseront jamais se dire. Le lecteur suit la déchéance du couple, les secrets qui s’insinuent entre les deux, et ce mois qui paraît interminable… On est public de la maternité, du revers de la gloire, de l’adultère et du manque dévorant.

J’ai beaucoup aimé le format épistolaire, dont je n’avais pas l’habitude à la base. Les lettres sont courtes, ce qui rend le tout extrêmement facile à lire. J’ai été happée par le livre, au point de ne simplement pas pouvoir m’en détacher avant d’avoir atteint la dernière page. On se sent ami intime des protagonistes principaux, complice de leur dérive. Pour moi, cela fait qu’on est plus proche de l’histoire, ce qui fait que les émotions nous parviennent amplifiées, plus fortes, plus belles. C’est en grande partie pour cela que ce livre m’a autant touchée. Pour certains, il peut paraître évanescent et trop peu détaillé, mais à mes yeux, il est court donc direct, sans détour, et ainsi il fait l’effet d’une balle de fusil en plein coeur. Il est vrai que le style y fait vraiment beaucoup… La plume de Julie Bonnie est crue et en rajoute à l’aspect incisif de l’oeuvre.

Evidemment, dans ce type de roman, pas de longue description sur le physique des personnages ou sur leur environnement. On doit tout se figurer nous-même, guidés par des indices semés au fil des pages. La passé de Diniski, son histoire avec Fée… On découvre deux personnes égoïstes comme les humains le sont, incroyablement faillibles, torturés… On est loin d’une idéalisation. Même si l’auteure a très clairement joué la carte de l’exagération avec cela, je n’ai été ni choquée, ni embêtée. Juste parfois un peu agacée par leur laisser-aller. Vous devez connaître ça, l’envie de s’introduire dans le livre afin de secouer des personnages comme des pommiers, et les guider vers le happy end que vous espérez tant…

Les 200 pages de ce joli livre et ses personnages très particuliers le rendent poignant. Du début à la fin mon cœur n’a cessé de battre fort. Chaque lettre me torturait un peu plus, me rendait un peu plus triste. Je sentais arriver un désastre. (SPOILER) La fin brutale m’a bouleversée. Je n’étais pas prête à ça du tout ! J’imaginais que le pianiste n’allait pas rentrer et allait abandonner sa belle sans se retourner, partant avec sa maîtresse. Sa mort m’a surprise au plus haut point, surtout qu’elle est entourée d’une aura de mystère : suicide, accident ? (FIN DU SPOILER) Ce livre a été pour moi un bel exemple de montagnes russes, sensation que je retrouve rarement dans mes lectures ces derniers temps. J’ai trouvé qu’il avait une force peu commune, ce qui le range immédiatement au rang des coup de cœur pour ma part !

Pour conclure, ce livre a été pour moi une réelle découverte ! J’ai pris plaisir à le lire du début à la fin. Ça a été une torpille vrillée sur mon cœur, mais wow, quelle intensité ! … Je m’intéresserai sans hésiter aux autres livres de l’auteure.

//Coup de cœur//

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Julie Bonnie est une musicienne -chanteuse, guitariste, violoniste, compositrice et écrivaine. Elle s’est lancée dans l’écriture avec Chambre 2 en 2013.

source : éditions pocket

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