René Barjavel : La Nuit des temps

L’Antarctique. À la tête d’une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble être une éternité. Dans le grand désert blanc, il n’y a rien, juste le froid, le vent, le silence.

Jusqu’à ce son, très faible. A plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l’euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place.

Un roman universel devenu un classique de la littérature mêlant aventure, histoire d’amour et chronique scientifique.

éditions Pocket // 1968


Un surprenant coup de cœur

Barjavel, je le connaissais de nom depuis longtemps. Il faisait partie de ces auteurs récents cités à tout va par les profs de français. Un auteur à lire, paraît-il. Problème : moi, la science-fiction… Je n’ai jamais beaucoup accroché. Et puis, on va pas se mentir, une histoire à la Hibernatus, c’est du cuit et recuit. Ce livre traînait dans ma PAL, alors je profite du confinement pour tenter des trucs… Et je ne regrette absolument pas ! J’ai vraiment beaucoup apprécié le style de l’auteur, et même si ce n’est pas du tout mon genre habituel, il a été très facile de me plonger dedans, et de l’apprécier très rapidement !

Le professeur Simon commence à s’ennuyer sur la banquise. Jusqu’à l’instant où une sonde détecte un ultrason venant des entrailles de la Terre. Est-ce un dysfonctionnement de l’appareil ? Les scientifiques ne veulent pas y croire. S’ensuit une expédition internationale au pôle Sud, qui mène des spécialistes du monde entier sur la piste d’une civilisation disparue depuis 900 000 ans. Une histoire très axée science-fiction, donc, mêlée d’une histoire d’amour émouvante et toute douce, sans être trop présente et trop mielleuse. Aux antipodes de ce que j’apprécie habituellement, quoi. Mais quel bonheur de lui avoir laissé sa chance !

« Que ceux qui veulent danser dansent. Que ceux qui peuvent s’éveiller s’éveillent. »

Je pense que ce qui m’a portée, c’est la manière d’écrire de l’auteur. D’abord, les chapitres de quelques pages, idéals pour se dire « allez, un dernier… » (et ne jamais s’arrêter), m’ont fait lire ce livre à une vitesse phénoménale. Et puis, le style est exactement ce que j’apprécie. Des phrases courtes, souvent des phrases nominales, rythment les pages à l’image d’un battement de coeur. C’est cru, c’est dur, ça fait ressentir l’essentiel du roman en peu de mots. Si j’aime quand c’est enrobé de jolies phrases, j’aime encore mieux quand c’est direct.

En tous cas, je n’ai pas spécialement apprécié la civilisation découverte. C’était trop futuriste, trop parfait. La science-fiction et moi, ça fait deux, je vous disais. Par contre, comme je fais des études scientifiques, j’ai été très intéressée par les avancées technologiques ; ça m’a fait rêver. Peut-on imaginer fabriquer tout à partir de rien ? D’unne justement nommée « énergie universelle » ? Puisque finalement, tout l’univers connu provient de rien, d’un trop-plein d’énergie. Ca fait cogiter en tous cas ! Plus généralement, la dimension scientifique, très présente bien que plutôt fantaisiste, m’a énormément plu. J’ai beaucoup apprécié les descriptions des différents dispositifs.

Ensuite, je me suis vraiment attachée aux personnages. Ils ne sont pas approfondis, certes, mais leurs actes et leurs paroles m’ont amplement suffi. A l’image des mots de l’auteur, ils sont bruts. Et cela fait d’eux des personnes terriblement vivantes ! Partagés entre l’ivresse de la découverte, la méfiance devant d’étranges événements, l’adrénaline à l’idée de ressuciter un savant capable de livrer tous les secrets d’un monde ancien et si avancé… Pas besoin de savoir ce qu’ils pensent quand les réactions paraissent si vivaces.

tu es belle, rien n’est aussi beau que toi…l’enfant nu, le nuage… la couleur, la biche…la vague, la feuille… la rose qui s’ouvre… l’odeur de la pêche et toute la mer…

La grande morale de ce livre, d’après ce que j’ai compris, que c’est la cupidité des hommes qui mène au chaos. Quand chacun fait selon ses besoin, le bonheur est complet ; c’est lorsqu’on cherche à s’étendre, à s’enrichir, que l’équilibre se romp. La Nuit des temps en est une parfaite illustration, à plusieurs niveaux, autant dans le passé, miné par des guerres, que dans le présent : au travers de deux collaborateurs américain et russe, les enjeux de la Guerre Froide sont mis en exergue.

Pour couronner le tout, nous est livrée une histoire d’amour sans artifices, avec beaucoup de douceur. Pas sur le devant de la scène mais assez présente pour être élément important. J’ai beaucoup aimé cette partie là. C’était si fort, si pur… Barjavel illustre là le caractère éternel de l’amour, qui traverse le temps.

Conclusion : merci monsieur Barjavel ! J’ai adoré. Même si l’histoire ne m’a pas plus portée que ça, la manière d’écrire et l’ambiance générale font de ce roman un véritable coup de coeur. Mon premier de l’auteur, sûrement pas le dernier !


René Barjavel est un écrivain et journaliste français, également scénariste et dialoguiste de cinéma. Il est principalement connu pour ses romans d’anticipation, de science-fiction ou fantastique dans lesquels s’exprime l’angoisse ressentie devant une technologie que l’être humain ne maîtrise plus. (Wikipédia)

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