Thomas Raphaël : La vie commence à 20h10

Si, si, tout va bien, je vous assure. Après, à trente ans, j’avoue, j’imaginais ma vie un peu différemment. J’aurais bien aimé avoir terminé ma thèse. Avoir un job, un salaire, tout ça. Et si un éditeur avait pu accepter le roman que j’ai écrit en secret…

Quand une productrice propose à Sophie tout à la fois (un job et la promesse que son roman sera publié), ça sort du cœur : oui ! Malheureusement pour elle, le job en question consiste à fabriquer un feuilleton télé. Un feuilleton télé ? Quelle horreur ! En même temps, une double vie, ça n’est pas compliqué…

2013 //éditions j’ai lu — littérature contemporaine


Une bulle d’air, une véritable évasion !

Comme son copain TransAtlantic, j’ai eu ce roman en achetant deux roman de la même édition. Une pochette-surprise, quoi. Je me suis lancée dedans sans trop savoir à quoi m’attendre : un pavé -500 pages- avec une quatrième de couverture ne promettant pas la lecture de l’année. Finalement, bon, je ne vais pas mentir : ce n’était effectivement pas la lecture de l’année. Mais j’ai quand même passé un très bon moment en la compagnie de Sophie Lechat.

Sophie Lechat est une héroïne à laquelle on s’identifie facilement. Thésarde trentenaire en difficulté, elle surnage entre un compagnon qui lui met la pression, des enfants qui ne sont même pas les siens et une mère absolument insupportable. Sophie ne rêve que d’un job comme maître de conférences à l’université, d’un peu de tranquillité, mais surtout, elle rêve que son roman soit publié. En rencontrant Joyce Verneuil, productrice de télé, elle a l’occasion de tout avoir en même temps ! Enfin…Cela ne se révèle pas si simple puisque cela implique d’être coordinatrice pour la série La Vie la vraie (alias livresque de Plus belle la vie), une série que son chéri critique en permanence. Mais pour Sophie, le mensonge, c’est une seconde nature, alors la voilà qui tente le coup !

Franchement, si l’histoire ne vous tente pas plus que ça, je vous rassure : moi non plus. Dit comme ça, ça a l’air banal, presque ennuyeux. En bref : du déjà-vu. Mais dans les faits, même si le point de départ semble prémâché, ce que l’auteur en fait est vraiment très plaisant ! Le livre est assez long pour que la vie de Sophie, ses angoisses et sa façon de penser se fassent nôtres. On se glisse alors dans l’histoire comme dans une couverture chaude un soir d’hiver. C’est frais, drôle et léger, pas prise de tête : tout ce que l’on peut attendre de ce genre de bouquin. Les rebondissements sont intéressants et bien dosés, même si vers la fin, cela s’essouffle et devient quelque peu rocambolesque.

Pour parfaire ce tableau, il convient de relever que le style d’écriture de Thomas Raphaël est digne de la légèreté de cette histoire. Il se lit très facilement, presque trop. Il n’a pas été spécialement addictif pour moi, mais je reprenais ma lecture avec un grand plaisir. Ca a été un vrai plus, qui a fait que la longueur du roman est supportable. On s’ennuie assez peu.

De plus, les personnages sont vraiment très attachants. Et venant de moi, c’est quelque chose ! J’ai toujours de l’affection pour les personnages que je rencontre au fil de mes lectures mais il est rare que je m’y attache vraiment. Et là, ce fut le cas ! Tout simplement parce que les personnages sont extrêmement humains et qu’il est facile de se glisser dans leur peau. J’ai aussi beaucoup aimé que le livre soit construit autour des études avancées, comme Sciences Po, les thèses et le professorat en université. Même si je n’appartiens pas à la sphère littéraire décrite dans le roman, entendre parler de classes prépa, par exemple, m’a plu. Ca m’a aidé à encore plus m’identifier. Revers de la médaille : les personnages sont infiniment prévisibles. Franchement, ça ne m’a pas gêné puisqu’à côté de ça, c’était dynamique et l’histoire glissait toute seule.

Bon, Sophie était quand même un peu agaçante sur les bords, on ne va pas se le cacher. Et même franchement exaspérante. A lui mettre des claques ! Mais franchement, j’ai été très touchée par son manque de chance. Et, devinez quoi, j’ai versé une petite larme… Rien de bien méchant, ce n’est pas le but du livre après tout. Mais c’est assez rare dans ce genre de lecture pour mériter d’être souligné.

En quelques mots : ce livre a été très agréable à lire, une vraie bulle d’air au sein d’une série de roman assez difficiles à lire, sombres et plutôt pénibles. Thomas Raphaël a réussi son pari : nous offrir 500 pages de rires, de légèreté, sans pour autant tomber dans un écrit qui aurait pu être ennuyeux. J’ai beaucoup aimé ce livre, mais il ne me restera pas en tête.


Petit lien vers la bio de l’auteur issue de son site

En voici un extrait :

« Thomas Raphaël a grandi sur le bassin d’Arcachon. Il a aujourd’hui 35 ans et habite à Paris. […] Son premier roman a été inspiré de son expérience dans les coulisses des séries télé. Les suivants, de son expérience dans les coulisses de la vraie vie. Il aime lire dans le bain, traverser le pont des Arts la nuit, et boire du thé sencha. »

1 commentaire

  1. J’ai lu celui ci ainsi que le bonheur commence maintenant du même auteur, ce sont de bons livres mais ce ne sont pas non plus les romans de l’année ! lecture agréable mais elle ne restera pas gravée et sera vite oubliée je pense! j’ai trouvé les livres un peu gros (sachant que l’écriture est assez légère et simple plus court aurait été largement suffisant!) @meslivresdepoche

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