Agnès Ledig : Marie d’en haut

A 30 ans, Marie a un caractère bien trempé et de la ressource. Lorsque Olivier, lieutenant de gendarmerie, débarque chez elle sans prévenir pour une enquête de routine, elle n’hésite pas à le ligoter pour lui faire comprendre explicitement qu’il n’est pas le bienvenu.
Mais cette carapace de femme forte dissimule ses fêlures. C’est grâce à Antoine, son meilleur ami, et Suzie, sa fille, que Marie trouve un sens à sa vie.
Et contre toute attente, Olivier va rejoindre le trio.

Editions Pocket. 315 pages. Littérature contemporaine. 2011.


Encore un joli roman d’Agnès Ledig, mais pas mon favori.

Agnès Ledig, peut-être le savez-vous déjà, est une de mes auteures favorites. J’adore tout chez elle : le style, les personnages, les histoires, mais surtout cette douceur enivrante qu’elle injecte dans chacun de ses ouvrages. En ouvrant un Agnès Ledig, on sait à quoi s’attendre : à du bonheur, en barre. Marie d’en haut n’échappe pas à la règle : l’auteure a encore frappé fort. Il a un peu traîné dans ma PAL car je n’aimais pas la couverture (on ne va pas se mentir, on fait tous un peu ça…) mais j’ai fini par m’y attaquer. Pas mon favori, mais agréable !

Qu’est-ce que le temps peut bien faire contre ce genre de sentiment ?
Rien.
Un jour, on se rend compte que c’est trop tard. On y pense un peu plus souvent, et le coeur bat dans les tempes, et partout ailleurs.

Une jolie histoire.
Le résumé en dit long. Olivier, flic de son état, vient d’être muté en Ariège. Premier jour : le voilà qui rencontre Marie de la ferme d’en haut, au caractère bien trempé. Olivier est un homme fermé, rigide et peu amène. En bon homme de son état, il s’inquiète pour ce petit bout de femme qui vit seule dans cette grande bâtisse. Le voilà qui met donc son nez dans ce qui ne le regarde pas et s’immisce dans la vie de Marie. Ca, si c’est pas une histoire à l’eau de rose ! Tout les ingrédients sont là.

Des personnages un peu clichés.
Quoi ? Vous avez dit policier renfermé face à fermière badass ? C’est pas un peu du déjà vu ? Et si, hélas. Ce schéma est un classique : Marie est la femme forte type, Olivier l’homme relou de base, Suzie, la fille de Marie, l’enfant intelligente voire précoce (que l’on retrouve d’ailleurs dans tous les romans de l’auteure), et Antoine le meilleur ami… (SPOILER) Eeeeet si. Vous l’aurez deviné, Antoine, c’est le meilleur ami gay. (FIN DU SPOILER) Bref, l’auteure joue avec les clichés. Mais honnêtement, malgré des personnalités trop établies qui peuvent être un peu lourdes, Agnès Ledig a su les travailler en fond et les doter d’une histoire unique : à chacun la sienne ! Cela les rend particuliers aux yeux du lecteur. D’ailleurs, j’ai trouvé que le livre manquait de personnages qui ne sont pas profondément marqués par la vie. Les passés lourds, ça va deux minutes ! Même si connaissant Agnès Ledig, je ne m’attendais pas qu’à de la légèreté, là, pour moi, c’était trop.

Une douceur absolument magique.
Pour contrebalancer cette noirceur que j’ai trouvée artificielle, heureusement qu’il y avait la fameuse plume d’Agnès Ledig, pour insuffler de la douceur dans les phrases. Vous l’avez lu quand je vous avais parlé de Pars avec lui (clique !), je suis une fan absolue de l’écriture de l’auteure. C’est pour ça que j’ai lu quasiment tous ses romans… Marie d’en haut est, si je ne me trompe pas, son premier ouvrage, mais il ne déroge pas à la règle. C’est un vrai bonbon dont la lecture est extrêmement agréable, quoiqu’un peu (trop) rapide.

Plein d’émotions à la clé.
Moi qui en ai marre des romans qui se passent à Paris, je peux vous dire que niveau campagne, j’ai été servie ! Quel bonheur de sentir le grand air ariégeois avec les personnages et de se plonger dans la vie à la ferme ; c’est relaxant ! Et c’est un cadre idyllique pour le décor imaginé par l’auteure et ses débordements émotionnels intempestifs. Car comme toujours, que d’émotions, que de sentiments ! Les pensées des personnages sont dites crûment, sans détour. On peut donc s’y identifier et le transfert du livre à notre propre coeur se fait avec une facilité déconcertante. J’ai été éberluée de redécouvrir à quel point un livre peut me remuer les entrailles. Avec Agnès Ledig, du rire aux larmes, vous serez servi !

Un sens de l’humour parfois étrange.
Bon, en parlant de sens de l’humour, il faut que je vous confie quelque chose. Même si j’ai beaucoup souri avec sincérité en lisant ce livre, j’ai parfois été déstabilisée. D’abord parce que l’auteure ne m’avait pas habituée aux plaisanteries graveleuses et qu’elles sont légion dans le bouquin (comment, un flic aux blagues salaces ? Cliché ? Noooon, pas du tout), mais aussi parce que l’humour en général est déconcertant. Déconcertant quand on connait l’écrivaine, certes, mais aussi et surtout comparé aux passages si doux et si émouvant dont je vous parlais plus haut ! Je pense que cela m’a empêché de m’attacher aux personnages comme j’aurais pu le faire sinon. Et puis j’avoue que les plaisanteries sexistes ne me font plus rire depuis longtemps…

Bref, ce roman est un Agnès Ledig tout craché. Je l’ai beaucoup aimé. Il se lit vite, la plume est fluide et les mots simples et directs : un vrai plaisir. Cependant, j’avoue que des personnages clichés et des blagues parfois déplacées m’ont quelque peu refroidie parfois. Mais je conseille quiconque veut passer un bon moment bucolique de se jeter sur ce livre – et tous les autres de l’auteure, d’ailleurs.


Agnès Ledig, née en 1972, est une sage-femme alsacienne qui s’est mise à écrire pendant la maladie de son fils. Ses romans Pars avec lui et Juste Avant le bonheur sont aujourd’hui de véritables best-sellers.

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