Christelle Dabos : Les fiancés de l’hiver

CHRISTELLE DABOS
Les Fiancés de l’Hiver
La Passe-Miroir, tome 1
572 pages
Editions Gallimard (Pôle fiction)
Fantasy

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

EN BREF : intriguant, mise en place un peu ennuyeuse, belle surprise, superbe écriture personnages peu attachants, quasi coup de coeur


Deux faits sur moi : je n’aime pas la fantasy, et cela fait un moment qu’un roman catégorisé « jeunesse » ne m’a pas fait vibrer. Bref, malgré des avis dithyrambique venant de toutes parts, je n’étais pas tentée. Et puis l’été est arrivé, et avec lui l’envie pressante de sortir de ma zone de confort. Quoi de mieux que de me lancer dans une saga ? J’ai acheté les trois premiers tomes d’un coup (moi, craquer ? Jamais !). Et je ne regrette pas : au terme d’un premier tome qui m’a complètement transporté ailleurs, je lirai la suite sans la moindre hésitation.

Un tome d’exposition
Pour ceux au fond qui ne sont pas attentifs, rappelons le synopsis : Ophélie, à qui je n’arrive pas à donner d’âge, est arrachée de sa maison pour aller dans la contrée reculée du Pôle, pour épouser Thorn. Elle découvre une nouvelle culture, des personnalités étranges et la vie à la cour. En fait, il n’y a pas d’intrigue à proprement parler ; ce roman a pour vocation de présenter le monde. Celui-ci est divisé en « arches », chacune dirigée par un « esprit de famille ». Cet univers si complexe mérite bien quasiment 600 pages pour être expliqué correctement. C’est pour cela qu’il peut sembler parfois ennuyeux : il est essentiellement descriptif. Honnêtement, cela ne m’a pas embêtée puisque ces descriptions sont fluides et agréable à lire.

L’écriture est le point fort du roman
Justement, cette écriture est véritablement ce qui fait que ce tome 1 reste vraiment appréciable. Christelle Dabos a une plume qui d’une part est très agréable, fluide, qui se lit d’un trait et qui d’autre part est recherchée et riche. On est loin de l’écriture édulcorée à laquelle on pourrait s’attendre d’un roman « jeunesse » – qui n’en est pas vraiment un au final ! J’ai adoré. C’est essentiellement pour cela que ce roman, bien que n’étant pas mon style, m’a tenu jusqu’au bout.

Des personnages bien particuliers
Par contre, on ne peut pas dire que je me suis beaucoup attachée aux personnages. J’attends de voir le développement de Thorn, mais tous les autres habitants du pôle m’ont horripilée. Enfin, oui, ils m’ont fait rire parfois, c’est bien le but, j’imagine, mais au bout d’un moment, c’était pénible. Tout n’était que manipulations, jugements, et cassages de sucre sur le dos. Ceci dit, j’ai adoré Ophélie. D’abord, parce qu’elle est très touchante, avec sa gaucherie et son manque de confiance. Mais aussi parce que pour une fois, on n’est pas devant une héroïne éperdue d’amour, niaise et irréfléchie. Ophélie se démarque par son intelligence et sa capacité de déduction. Et ça, j’adore ! Cela change de ce que l’on peut parfois voir. L’héroïne féminine ne se définit pas par rapport aux relations qu’elle a avec les hommes. Elle trace son propre chemin, indépendante. Pourvu que ça dure !

Les questions qui restent en suspens
Ce livre étant un tome 1, on peut le dire : il ménage un suspense intéressant ! Pour moi, il se base notamment sur l’évolution des personnages. Les racines étant profondément enfouies, les plantes peuvent désormais pousser ! Ensuite, il est vrai que la fin est totalement ouverte, et qu’elle présage un second tome d’une richesse incroyable. Christelle Dabos a ouvert énormément de portes. Je lirai sans hésiter la suite afin de découvrir ce qu’il se cache derrière.

Un roman fantasy qui m’a permis de sortir de ma zone de confort, tout en étant une lecture mémorable. L’écriture est agréable à lire mais pas enfantine et les personnages très travaillés… pour être détestables. Il plante un décor qui permettra par la suite de construire une saga qui, on me l’a dit, sera grandiose. J’ai hâte de la découvrir.


Christelle Dabos, née en 1980 en France, est une auteure de fantasy. Elle est également administratrice de la plateforme d’écriture Plume d’argent.

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