Martha Hall Kelly : Un Parfum de rose et d’oubli


MARTHA HALL KELLY
Un parfum de rose et d’oubli
650 pages
Historique
Editions Charleston
Titre original : Lost Roses

En 1914, l’Europe a été sur le chemin de la guerre tellement de fois, que personne n’y croit plus vraiment. Et pourtant, en juillet, c’est tout cet équilibre précaire qui vacille…ainsi que le destin de trois femmes hors du commun. Sofya, l’aristocrate russe, y perdra sa fortune, son pays et peut-être aussi ce qu’elle a de plus précieux… son enfant. Eliza, la mondaine américaine, tremblera pour ses amis russes et cette guerre qui se rapproche chaque jour un peu plus. Varinka, enfin, la jeune paysanne russe, presque une enfant, fera des choix qu’elle ne pourra jamais effacer, quitte à basculer au cœur d’un combat qu’elle ne peut pas gagner.

En trois mots : creux, mal écrit, mais intéressant


Je vous en ai déjà parlé ici : je suis une grande fan de romans historiques. Il y a quelques temps, j’ai lu Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Martha Hall Kelly, que j’avais adoré malgré sa longueur. En voyant que celui-ci existait, ni une, ni deux, je me suis jetée dessus, avec l’espoir qu’il me plairait. Eh bien, à votre grande surprise -ou pas-, je n’ai pas du tout aimé ce livre. Je me suis même plutôt ennuyée.

Un synopsis avec du potentiel
Pourtant, voilà. L’auteur promettait dans son roman de nous parler de la révolution de Russie de 1917, au travers des récits croisés de trois femmes : Sofya, une aristocrate Russe, Varinka, une paysanne, et Eliza, une mondaine américaine au grand coeur. Je connaissais peu la période historique et étais ravie de la découvrir au travers les yeux des femmes, surtout après avoir lu Le Lilas qui m’avait totalement conquise de ce point de vue-là. Le filon est le même pour les deux romans, certes, mais dans Un parfum de rose et d’oubli, j’ai trouvé qu’il n’avait pas été bien exploité. Personnages fades, anecdotes historiques inexistantes… Une totale déconvenue.

Ne t’excuse jamais d’avoir des sentiments.

L’aspect historique réduit
Vous l’aurez compris, en ouvrant ce livre, je criais : « apprends-moi quelque chose ! ». J’en ai appris, oui, mais pas autant que je l’aurais aimé. La période historique étant méconnue de moi et furieusement passionnante (comme le sont les révolutions), le roman ne peut être dénué d’intérêt. Oui, il faut le souligner : ce livre EST intéressant d’un point de vue historique. Seulement, je m’attendais à cent fois plus, autant sur les coutumes russes que sur la révolution bolchevik elle-même. L’aspect historique est passé à la trappe face aux histoires de vie des trois femmes. J’ai trouvé que c’était dommage car, comme dit plus haut, le roman avait un grand potentiel qui, pour moi, reste inexploité. Encore une comparaison avec Le Lilas se fait : dans ce dernier, j’avais vraiment apprécié la profondeur des détails historiques.

Des personnages peu profonds
Une autre chose qui manquait de profondeur, c’est sans hésiter les personnages. Comment accrocher avec des personnages au courage et à la bonté sans faille ? Quoi qu’il en soit, on sait qu’ils vont s’en sortir. Plus de doute n’est permis. En particulier, Sofya m’a beaucoup agacée car elle était bien trop parfaite pour être crédible. Eliza, quand à elle, ressemble trop à Caroline, sa fille, et personnage principal du Lilas ; j’ai donc eu comme une sensation de déjà-vu face à elle. En revanche, j’ai été conquise par Varinka, par son étrange accord avec Taras, et par sa manière de faire surprenante. C’est, d’après moi, le seul personnage avec du relief dans le roman. Globalement, il m’a manqué de connaître en détail les pensées des personnages. Je ne me suis pas vraiment attachée, et c’est dommage. Cependant, j’ai beaucoup aimé le fait que les histoires se recoupent et que les différentes tranches de vies soient intimement liées. Les relations entre personnages peuvent parfois être complexes.

Je la serrai fort contre mois, elle sentait la jeunesse, la colle, l’eau de toilette et l’espoir.

Un livre très mal écrit (ou traduit ?)
Arrive ce qui m’a le plus gênée dans ce roman : je l’ai trouvé affreusement mal écrit ! Quelle horreur ! Je ne sais pas si le problème vient de l’écriture ou de la traduction, étant donné que je l’ai lu en anglais. Je sais juste que le problème n’était pas venu durant ma lecture du Lilas (oui, ça en fait des comparaisons…) alors que la traductrice était la même. Livre bâclé ? Traduction hasardeuse ? Ce qui est sûr, c’est que dans Un parfum de rose et d’oubli, les erreurs de ponctuation sont légion, et les formulations et les tournures parfois très étranges ont vraiment gêné ma lecture. Et puis, la paysanne utilise le même vocabulaire que l’aristocrate. Pas très réaliste ! Je ne suis pas conquise par le style. En plus de ses nombreux défauts, voilà un aspect qui a fait que ce livre ne m’a pas plu.

Un parfum de rose et d’oubli manque cruellement de profondeur. Il m’a manqué des détails, du relief. De plus, j’ai trouvé le roman particulièrement mal écrit. Mais l’aspect historique reste tout de même intéressant.


Martha Hall Kelly est une romancière.

Diplômée en journalisme à la Newhouse School de l’Université de Syracuse, elle est également titulaire d’un master de journalisme à l’École de journalisme Medill de l’Université Northwestern.

Elle a travaillé pendant de nombreuses années comme conceptrice-rédactrice en agences de publicité avant de publier son premier roman, « Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux » (« Lilac Girls », 2016), une histoire inspirée de faits réels, devenu dès sa parution un best-seller du New York Times. (SOURCE : BABELIO)

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