Pierre-François Kettler : L’Eschylliade tome 1, Aux apparences ne te fieras


PIERRE-FRANCOIS KETTLER
Aux apparences ne te fieras
L’Eschylliade, tome 1
191 pages
Editions d’Avallon
Fantasy

Quand Eschylle, chat siamois miro rencontre Bélerin, apprenti mage, leurs destins se scellent : leurs esprits se lient, ainsi que leurs sens. Nés tous les deux dans les Marches Pâles, ils vont devoir affronter un vent malfaisant : non l’hiver, qui s’abat sur les sommets et les combes, mais des enlèvements d’enfants et de femmes, attribués à des Petites-Personnes. Leur enquête les mènera dans des lieux improbables, au cœur d’anciennes ruines, mais aussi sous la terre.

Cette saga de fantasy se déroule dans le monde de Belmilor, un univers parallèle au nôtre où toutes les races, des humains aux loupins et des félissiens aux elfes noirs vivent en bonne intelligence, mais dont l’équilibre semble menacé.

Le narrateur n’est autre qu’Eschylle, qui y voit l’occasion de nous dispenser un cours complet d’Histoire Morale de la Magie et de nous guider sur la voie de la sagesse. Pour sa première leçon, il insiste sur l’importance d’un précepte trop souvent négligé par les « deux-pattes » que nous sommes : « Aux apparences, ne te fieras ».

Une histoire pleine de rebondissements, de sentiments et d’action, qui séduira les amoureux des chats et entraînera petits et grands jusqu’au bout de la nuit.

En trois mots : magique, poétique, une lecture qui fait du bien


Ce roman représente mon deuxième partenariat avec les éditions d’Avallon, après Cannibale Blues de Béatrice Hammer que j’avais beaucoup aimé. Je leur ai une fois de plus fait confiance, et je ne leur regrette pas ! Ce petit roman, qui se lit rapidement, est magique et poétique. Pourtant, je ne suis pas une grande fan de fantasy, ni de romans trop « jeunesse » ! Je tiens à remercier les éditions d’Avallon de m’avoir accordé une fois de plus leur confiance.

« Un chat comme les autres », cette expression n’a pas de sens. Un chat n’est jamais comme les autres. Il porte en lui un monde. Même s’il ne sait que dire « miaou ».

Une histoire et une narration inhabituelles
La magie de ce roman vient de sa narration. C’est Eschylle, un chat, qui raconte son histoire. Si vous aimez nos compagnons à quatre pattes, n’hésitez pas ! L’auteur a tout à fait su se mettre dans la peau de la boule de poil. Les sensations félines sont retranscrites à merveille. Ce matou va se « compériser », c’est-à-dire devenir le compère, le partenaire, de l’Elfe Noir Bélerin qui, avec toute sa clique, s’en va se battre contre les méchants kidnappeurs d’enfants. Mais le titre le dit bien : aux apparences ne te fieras ! L’histoire est inhabituelle pour moi, peu galvanisée par la fantasy. Les Elfes, Gnomes, Croqueurs et autres Petits-Hommes ont bercé mes nuits pendant la duré de ma lecture. Je me suis vraiment attachée au monde dépeint par Pierre-François Kettler et j’ai donc adoré les événements s’y déroulant. Cependant, l’histoire est loin d’être le point fort du roman.

Le point de vue d’un chat sur les personnages
Comme je le disais, L’Eschylliade doit sa particularité au fait qu’il est raconté par un chat. A cause de cela, j’ai trouvé une énorme distance entre moi et les autres personnages – hormis Bélerin qui ne fait qu’un avec Eschylle. Je ne m’y suis pas particulièrement attachée et me sentais un peu « spectatrice ». Mais cela a été loin de me déranger car c’était totalement en accord avec le caractère d’Eschylle. Bref : les personnages sont peu approfondis mais je n’ai pas trouvé cela embêtant dans le contexte. Par contre, le caractère du narrateur est bien fixé et ses sautes d’humeur vous feront rire tout au long du récit.

Certains d’entre vous ont-ils déjà eu le coup de foudre ? C’est exactement pareil : vous êtes assommé du désir de ne faire qu’un avec l’autre. Les yeux se mélangent et voient tout en un éclair. C’est l’abandon croisé de l’un à l’autre, l’esprit de l’un en l’esprit de l’autre. Chacun verse en l’autre. L’étranger devient soi.

Une plume qui magnifie le tout
Je pense que je n’aurais pas tant aimé ce livre s’il n’était pas si bien écrit ! J’ai été portée de la première à la dernière page. C’est une forme de dialogue qui s’instaure entre Eschylle et nous. Il se donne pour mission de nous enseigner « l’Histoire Morale de la Magie » et met un point d’honneur à en souligner tous les éléments importants. Il fait de nombreuses remarques (« comme vous le savez tous… ») qui impliquent directement le lecteur au sein de l’œuvre. Pour moi, c’est réussi. De nombreux jeux de mots se glissent dans les lignes, qui montrent une réelle implication de l’auteur dans son écriture.

J’aimerais faire ici une légère digression, laissant en suspens le suspense.

Un titre bien porté
L’Eschylliade se veut une saga -il y aura dix tomes- porteuse de leçons. La première que nous apprend Eschylle est explicitée dans le titre : il ne faut pas se fier aux apparences. Trahisons et retournements cocasses de situation sont monnaie courante dans le roman. Le matou questionne le lecteur tout du long : untel est-il digne de confiance ? On voit que lui n’accorde pas sa sympathie si facilement. Doit-on, nous, lecteurs, en faire de même ? Une confiance aveugle est-elle condamnable ? Beaucoup de personnages du roman ont prouvé que, oui, l’habit ne fait pas le moine. A bon entendeur ! Le roman appelle a une suite -et à une seconde leçon, Ton identité préserveras– en laissant un nombre incalculable de questions en suspens, qui sont listée par Eschylle à la fin du roman. Sachez-le : j’ai hâte de lire la suite !

Bref, cette lecture est magique. Légère mais pleine de sens, elle a pour narrateur le plus adorable de tous – un gros matou. Le jeu est joué à merveille par l’auteur, que je félicite grandement. Je conseille ce livre à tout le monde, des plus jeunes aux plus âgés.


Comédien, metteur en scène, auteur dramatique, passionné de Victor Hugo, de Robert Desnos, de poésie et de jeu, Pierre-François Kettler met depuis toujours ses écrits au service de l’humain, dénonçant notamment le Code Noir ou le génocide contre les Tutsi au Rwanda. Les voyages l’ont ouvert sur le monde ; le théâtre l’a réconcilié avec son corps et son esprit. Depuis 2015, il harmonise sa chair et ses rêves en les écrivant. Depuis 7 ans, il anime le site « Entendre Victor Hugo ». Mais il ne faut pas se fier aux apparences : en réalité… Pierre-François Kettler est un chat !
Source : Les éditions d’Avallon
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Les éditions d’Avallon est une maison d’édition à but non lucratif gérée par des bénévoles passionnés de littérature ; les bénéfices perçus sont directement reversés aux auteurs. Le site ici.

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