Olivia Ruiz : La commode aux tiroirs de couleur


OLIVIA RUIZ
La commode aux tiroirs de couleurs
Contemporaine
208 pages
Editions JC Lattès
2020


À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.

En trois mots : poétique, historique, émouvant


Ce petit roman est un cadeau d’anniversaire. J’étais très curieuse de savoir ce qu’Olivia Ruiz avait bien à raconter : je la connais comme l’interprète de La femme chocolat, comme prêtant sa voix à Miss Acacia dans l’adaptation cinématographique de La mécanique du coeur de Mathias Malzieu, mais guère plus. Son roman a défrayé la chronique dès sa sortie : je voulais me faire ma propre opinion. Et vite.

Chaque accord qu’il égrène sans y penser révèle tout ce que j’occulte. Le manque. Le manque mortel. Des miens, de mon pays, de toute cette vie qui n’est plus. Je ne veux pas entendre cette musique, je ne suis pas apte à soigner la petite fille que j’étais, juste à l’enterrer provisoirement pour réussir à vivre.

Une histoire enchanteresse
Le synopsis en lui-même me faisait rêver : la narratrice découvre à la mort de sa grand-mère l’ensemble des secrets que celle-ci gardait dans une énigmatique commode. Les souvenirs de son Abuela sont, tiroir après tiroir, chapitre après chapitre, dévoilés au lecteur. A chaque fois, un totem-objet et une lettre pour expliquer son sens. La Abuela de la narratrice a eu une vie très mouvementée : d’abord fuyant l’Espagne de Franco avec ses parents, elle rejoint une communauté espagnole à Narbonne qu’elle finit par fuir… J’ai beaucoup aimé le récit, ce qui est plutôt positif. J’ai aimé en savoir plus sur le fait d’être réfugié dans les années 30/40. J’ai aimé ce récit d’une vie simple, sans chichis, et tellement émouvante.

Un concept très plaisant
Le roman est donc une alternance entre pensées de la narratrice et celles de sa grand-mère. Ce système confère un dynamisme à l’histoire qui est très plaisant, surtout que je trouve qu’il est bien réalisé : on ne se perd pas entre les deux protagonistes. De plus, l’aspect historique du roman est, je trouve, bien mené : ni trop, ni pas assez. Cela dit, je pense que quelques notes complétant l’éventuel manque de connaissances du lecteur auraient pu être bénéfiques pour la compréhension du récit. Après, on peut faire sans en n’ayant que de légères connaissances sur le sujet, ce n’est pas handicapant car ce n’est pas là-dessus que repose l’intrigue.

J’aime. Je suis aimée. Je suis protégée. Et peu à peu, je prends conscience que je n’ai besoin de rien d’autre. 

Une plume poétique
Le gros plus du roman est l’écriture. On retrouve la singularité et la poésie que l’on connaissait dans les chansons d’Olivia Ruiz. J’ai été complètement portée par les mots de l’autrice ! C’est ce qui fait de ce roman mon coup de coeur de cette fin d’année 2020. J’espère qu’elle travaille sur un autre bonbon à lire. Car ce bouquin, grâce à la plume, se lit à une vitesse folle, se dévore littéralement. Il est parfait pour passer un bon petit bout de temps. De plus, c’est cela qui rend le roman si émouvant. J’ai eu plus d’une fois les larmes aux yeux !

Une fin étrange
Ce qui est bizarre dans ce livre, c’est la fin. En lisant l’épilogue, je ne cessais de me demander : « mais pourquoi ? ». Je n’ai pas compris la cohérence avec le reste du roman. J’ai donc refermé le livre en haussant les épaules. Heureusement que cette fin étrange n’a pas gâché le reste du livre que j’ai trouvé merveilleux.

Ce roman est un bonbon, littéralement. Une histoire qui m’a portée, doublé d’un fond historique intéressant. C’est bien écrit, c’est bien mené, ça fait du bien. Jetez-vous dessus !


Olivia Ruiz, nom de scène d’Olivia Blanc, est une auteure compositrice interprète, chanteuse, actrice, réalisatrice et romancière française. La commode aux tiroirs de couleurs est son premier roman. (Wikipédia)

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