Chimamanda Ngozi Adichie : Americanah


CHIMAMANDA NGOZI ADICHIE
Americanah
Contemporaine
528 pages
Traduit par Anne Damour
Editions Gallimard (Du monde entier)
2013


Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.

En trois mots : enrichissant, révélateur, émouvant


J’ai découvert Chimamanda Ngozi Adichie sur Instagram à cause de son livre Nous sommes tous des féministes. Alors, lorsqu’au détour d’un rayon du CDI du lycée où j’effectue mon stage, j’ai vu Americanah, je n’ai pas hésité, et je l’ai emprunté. Il m’en a fallu du temps, pour l’achever ! Mais je ne regrette en rien ce temps passé à lire ce roman aux multiples facettes qui m’a beaucoup appris.

C’est marrant d’entendre « les Noirs veulent Obama » et « les femmes veulent Hillary », mais qu’en est-il des femmes noires ?

De quoi ça parle ?
Le résumé est très explicite : Americanah dépeint l’histoire d’Ifemelu, jeune fille nigérianne qui s’en va étudier aux Etats-Unis. Le roman raconte sa vie sur le nouveau continent, en particulier sa vie amoureuse. Elle va tour à tour avoir des relations avec un homme blanc et un homme noir américain. Mais elle garde au fond d’elle l’amour que lui vouait Obinze, son amant nigérian. Avec elle on découvre le point de vue des Blancs sur les immigrés et les subtiles différences entre Noirs américains et non-américains.

Un roman enrichissant sous plusieurs points de vue
J’ai beaucoup aimé Americanah pour plusieurs raisons. D’abord, parce que j’ai adoré en apprendre plus sur une situation que je ne connais absolument pas : comment gère-t-on le fait d’arriver dans un nouveau pays et de devenir une minorité ? Ifemelu m’a appris les galères d’argent, pour trouver un travail ainsi que quelques conseils pour s’occuper des cheveux afros. Ainsi, je suis ressortie de ma lecture avec plein de nouvelles opinions et surtout plein de nouvelles pistes de réflexion.

Le racisme n’aurait jamais dû naître, par conséquent n’espérez pas recevoir une médaille pour l’avoir réduit.

Une oeuvre faite pour réfléchir
En effet, Ifemelu tenait un blog intitulé Raceteenth où elle livrait de nombreuses idées et remarques sur les Etats-Unis à destination des Noirs non-américains. Ce qui est important là-dedans, c’est que c’est une concernée qui écrit les lignes (surtout que ce récit est presque autobiographique dans les grandes lignes). D’après moi, on peut donc aisément se fier à son jugement et ses impressions. Americanah a donc une double vocation : à la fois faire frémir le lecteur en proposant de juteuses histoires d’amour tout en rajoutant un vernis visant à le faire réfléchir. Ce roman aborde énormément de questions qui méritent d’être posées dans la tête de tous à propos de race et de racisme.

Littérairement parlant
En plus de cela, Americanah est honnêtement un bon roman si vous savez prendre votre temps. C’est fluide et bien écrit, les personnages sont attachants et il se lit facilement. L’autrice ne se prive pas de faire des remarques acerbes sur la situation de ses personnages, et globalement, le roman est très drôle. Mais attention, certains passages sont très, très longs. C’est pour cela que j’ai mis deux semaines à le lire : parfois, c’était invivable. Pourtant, il vaut le coup, je vous assure.

En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.

Un mot sur les histoires d’amour
Elles sont centrales dans le roman car c’est à travers elles qu’Ifemelu évolue – je veux dire, sa réflexion, son mode de vie changent avec ses fréquentations. Et croyez-moi, elles peuvent être sublimes. Americanah n’est pas un roman d’amour, que ce soit clair entre nous. Mais les histoires d’amour sont suffisamment présentes pour qu’on en parle. Chimamanda Ngozi Adichie sait y faire, raconter les hauts et les bas d’une relation. J’ai beaucoup aimé.

Ce roman est terriblement instructif. Lisez-le si vous voulez en savoir plus sur la race et sur la vie des immigrés. Prenez votre temps, ne vous énervez pas sur le roman ; et il vous le rendra bien, je vous le promets.


Chimamanda Ngozi Adichie est une écrivaine nigériane.

Originaire d’Enugu, elle grandit dans la ville universitaire de Nsukka au sud-est du Nigeria.

Source : Babelio

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