John Boyne : Les fureurs invisibles du coeur


JOHN BOYNE
Les fureurs invisibles du coeur
The heart’s invisible furies
Traduit par Sophie Aslanides
853 pages
Le livre de poche
Première publication : 2017


Cyril Avery n’est pas un vrai Avery et il ne le sera jamais – ou du moins, c’est ce que lui répètent ses parents adoptifs. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ?
Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif d’un couple dublinois aisé et excentrique par l’entremise d’une nonne rédemptoriste bossue, Cyril dérive dans la vie, avec pour seul et précaire ancrage son indéfectible amitié pour le jeune Julian Woodbead, un garçon infiniment plus fascinant et dangereux. Balloté par le destin et les coïncidences, Cyril passera toute sa vie à chercher qui il est et d’où il vient – et pendant près de trois quarts de siècle, il va se débattre dans la quête de son identité, de sa famille, de son pays et bien plus encore.

En trois mots : merveilleux, frustrant, un peu long


J’ai acheté ce livre il y a plus ou moins un an, pour la simple et bonne raison qu’il y a des années de cela, j’ai lu Le garçon en pyjama rayé du même auteur. Ce roman m’avait tellement touché, tellement bouleversée (je le recommande à tous !) que j’ai décidé de découvrir une fois de plus l’auteur. Je n’ai pas lu la quatrième de couverture de Les fureurs invisibles du coeur ; je me suis fiée à l’auteur et au titre, que je trouve incroyablement joli. Je ne regrette pas d’avoir testé ce gros pavé : j’ai adoré ce roman, il est merveilleux.

– Ca ne m’a jamais dérangé d’être gay, ça ne m’a jamais contrarié, même quand j’étais adolescent.
– Parce que tu baisais tous les joueurs de l’équipe de football. Ca ne m’aurait pas dérangé non plus si j’avais eu tes expériences.
– Un joueur, Cyril. Un seul. Et il était goal.
– Ca compte quand même. Beaucoup de dextérité dans les mains.

Une fresque historique
Ce roman est découpé en dix parties. Nous suivons le personnage principal, Cyril, de sa naissance d’une fille-mère bannie de son village natal irlandais en 1945 à son quasi-décès en 2015, entouré d’une famille peu conventionnelle. Les chapitres vont de sept ans en sept ans, ce qui permet d’avoir un aperçu sur l’évolution de la société irlandaise et des mentalités. Le fil rouge est l’homosexualité de Cyril, très tôt découverte et très tard assumée. Au gré de ses rencontres et de surprenantes coïncidences, le lecteur découvre le roman d’une existence.

Peu de personnages, mais tous attachants
La longueur de ce roman permet d’étoffer énormément les personnages ; ainsi, ils deviennent infiniment attachants. C’est vrai notamment pour le narrateur, Cyril, qui conte son histoire à la première personne. Il m’a fait rire, et m’a globalement énormément touchée, par sa maladresse, ses vices, sa manière de faire. Bon, sans se mentir, sur quelques aspects, il m’a aussi pas mal agacée. Ce n’est pas le seul personnage marquant : j’ai adoré Julian et Bastiaan, dont il est amoureux, et Charles, son père adoptif, ainsi qu’Alice, la soeur de Julian. La richesse des personnages qui sont assez complexes est un très gros point positif de ce roman.

Ce que vous savez des femmes pourrait être recopié en grands caractères au dos d’un timbre poste et il resterait encore de la place pour le Notre-Père.

Voyager, en Irlande et ailleurs
J’ai aimé découvrir l’histoire sociale de l’Irlande, pays très catholique pendant la seconde moitié du XXe siècle. Cyril se heurte à la religion du fait de son orientation sexuelle ; tout comme sa mère, qui l’a mis au monde à seize ans, hors mariage. Les fureurs invisibles du coeur traite de différents sujets sociétaux, et en fait un roman pluriel. On voit les différences de mentalités entre Irlande, Pays-Bas -les personnages font une escale à Amsterdam- et les Etats-Unis. On voit l’homosexualité vue comme un péché, puis comme une abomination lorsque le sida se développe. Tout cela en fait un réel livre historique, quoique très romancé, qui ne tombe pas dans le « trop ».

Une structure inhabituelle
La particularité de cet ouvrage est sa structure : il est découpé en gros chapitres espacés de sept ans, comme dit plus haut. Ce procédé permet de balayer une grande période temporelle mais a des inconvénients. En particulier, l’auteur a fait le choix de couper les chapitres aux moments les plus inopportuns, lorsque quelque chose d’important -que l’on devine- va se dérouler. Cela est parfois extrêmement frustrant ! Mais donne viscéralement envie de lire la suite. De plus, je tiens à souligner que le livre comporte quelques longueurs, ce qui parait normal, vu le gabarit.

Pour conclure, j’ai beaucoup aimé ce livre qui traite globalement d’une problématique qui m’intéresse -comment la religion est en opposition avec la modernité – présente aussi dans le roman Trois filles d’Eve d’Elif Shafak. Les personnages sont attachants et le roman se lit facilement, ce qui rend la lecture très agréable quoiqu’un peu longue.


John Boyne est un écrivain Irlandais. Son roman le plus connu est Le garçon en pyjama rayé, écrit pour les jeunes lecteurs. Mais il est un auteur très prolifique et a écrit en tout une vingtaine de livres.

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