Joël Dicker : Le livre des Baltimore


JOËL DICKER
Le Livre des Baltimore
Contemporaine
593 pages
Editions de Fallois
2015


Jusqu’au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l’auteur de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d’une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c’est l’histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu’en février 2012, il quitte l’hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s’atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu’il éprouva jadis pour cette famille de l’Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s’effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu’au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu’est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

En trois mots : addictif, haletant, décevant


Il y a quelques années j’ai lu La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker. Ce roman avait été pour moi une véritable révélation : du suspense à n’en plus finir, et des pages englouties à une vitesse dont je ne me serais jamais crue capable. Me voilà, en cette fin d’année 2020, qui essaie malencontreusement de retenter l’expérience. Pour plusieurs raison, elle n’a pas été parfaitement concluante, mais Le Livre des Baltimore n’est pas pour autant à jeter à la poubelle.

Amour, gloire et beauté
Le roman, à mes yeux, pèche principalement sur le synopsis. Il ne s’agit pas d’une histoire de meurtre ou de disparition comme dans La vérité sur l’affaire Harry Québert, mais d’une longue épopée familiale, où tout est question de secrets, d’argent et d’ego. Les secrets de famille, je pensais que je les aurais apprécié. Mais je ne les ai pas trouvé palpitants, ou alors ils sonnaient faux, et étaient redondants. L’un dans l’autre, j’ai lu ce livre comme on regarde un feuilleton comme Amour, gloire et beauté. Avec détachement et sans réel intérêt pour la chose.

Ecrire un livre, c’est comme ouvrir une colonie de vacances. Votre vie, d’ordinaire solitaire et tranquille, est soudain chahutée par une multitude de personnages qui arrivent un jour sans crier gare et viennent chambouler votre existence.

Des qualités narratives que je ne peux que reconnaître
Néanmoins, je ne ferai pas preuve de mauvaise foi en condamnant tout à fait ce livre, car j’ai lu ses belles 600 pages en à peine trois jours : j’y ai donc bien trouvé mon compte dans une certaine mesure. En fait, ce roman est très bien construit, ce qui fait qu’il est aisé de s’y plonger et de s’y perdre. Les rebondissement sont monnaie courante et permettent de ne pas s’ennuyer ! Les aller-retours entre passé et présent sont fluides et ne gênent pas la lecture car les années sont sans cesse rappelées. Ce « feuilletage » de la narration permet à l’intrigue d’être plus complexe que ce qu’elle semble être. Les choses avancent lentement, avant de se croiser, de s’entremêler, et de dévoiler la vérité.

Une vérité hélas trop évidente
Le problème avec cette vérité, c’est que je l’avais rapidement devinée. J’avais flairé le filon. Et vous le savez, deviner la progression d’une intrigue à suspense en avance, ça tue tout. Et là, pour le coup, le suspense s’était fait la malle. C’est pour cela que je garde un souvenir mitigé de ce roman : je n’ai pas eu de choc ni de grande surprise comme dans La vérité sur l’affaire Harry Québert. Et c’est bien dommage !

Il y a eu une époque où les vedettes en Amérique étaient des cosmonautes et des scientifiques. Aujourd’hui, nos vedettes sont des gens qui ne font rien et passent leur temps à se photographier, eux-mêmes ou leur assiette.

Une plume légère qui s’adapte à la situation
Il est indéniable que Le livre des Baltimore est agréablement écrit. La fluidité des phrases en font un véritable page-turner ; les 600 pages passent comme si de rien n’était. C’est léger, facile à lire, et surtout, c’est une écriture « mouvante ». J’entends par là qu’elle s’adapte. Elle devient agitée dans les moments-clé du roman, elle se pose dans les moments plus calmes, et devient larmoyante lorsque l’émotion est présente. Bref, elle est toujours de rigueur. C’est sûrement pour elle que je lirai sans hésiter d’autres romans de Joël Dicker comme La disparition de Stephanie Mailer.

Bref : je n’ai pas été convaincue comme je l’aurais pu par Le livre des Baltimore. Cependant, ne soyez pas trompés par mon avis un peu négatif car il s’agit véritablement d’un bon livre où tout est maîtrisé.


Joël Dicker est né en 1985 à Genève où il vit toujours. Il est l’auteur de cinq romans traduits en 40 langues qui se sont vendus à plus de 10 millions d’exemplaires.
Source : site officiel de l’auteur

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