Aurore Py : La nuit, quand elle vient

Quelques mots sur La nuit, quand elle vient
joliment écrit par Aurore Py
composé de 384 pages
à l’étage des romans historiques
publié par les éditions de l’Aube

On avait dit der des ders. Et pourtant, en ce mois de mai 1939, la guerre gronde, l’étau se resserre, jusque dans la campagne bourguignonne.
Dans la famille Cathelan, je demande Marie, la jeune veuve qui se débat de toutes ses forces pour faire vivre sa ferme. Je demande Claire, sa fille, qui s’est entichée de Gabin, ce garçon que tous semblent avoir oublié. Je demande Emma, sa sœur, institutrice communiste. Je demande Jeanne, sa mère, qui veille sur la maisonnée. Je demande Louise, sa belle-sœur, au désir insatiable de maternité. Bientôt, les hommes – quand ils ne sont pas déjà morts – vont être appelés au front. Et ce sont les femmes, ces femmes, qui vont devoir prendre soin des leurs, tenir le cap, assurer la survie des entreprises.
Avec cette fresque passionnante, Aurore Py nous plonge dans la France rurale de cette période, au cœur des familles ébranlées par la séparation, la peur, et le monde qui tangue.

LA NUIT, QUAND ELLE VIENT EN TROIS MOTS :
ENNUYEUX
AGREABLE
QUESTIONNEMENT


Bon, bon, bon. J’ai reçu ce roman dans une box Kube, avec Trois filles d’Eve d’Elif Shafak. Ayant lu et adoré ce dernier (sur lequel je vous enjoins à lire mon avis), je pensais que je ne pouvais que faire confiance à Kube et que j’allais adorer La nuit, quand elle vient. Eh bien… Echec mission. C’était un roman agréable, certes, mais sans plus. Je me suis globalement ennuyée.

La guerre vue depuis la zone libre
Ce roman se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale. L’histoire est centrée sur la famille Cathelan : Jeanne, la mère, Marie, Emma et Pierre, les enfants, ainsi que petits enfants et pièces rapportées. Le roman se déroule notamment dans la ferme familiale, près de Cluny, en Bourgogne, dans la zone libre. Que voit-on donc de la guerre ? Des hommes qui partent au front, en reviennent… Et c’est tout. La nuit, quand elle vient est le roman de celles qui restent.

Un côté ennuyeux
Du coup, il ne se passe RIEN. On suit la vie des femmes et enfants sous le régime de Vichy, dont la plupart habitent dans une ferme, et ne sont donc pas vraiment embêtés par le rationnement – ils sont préservés. Tout ce qu’on lit, c’est une institutrice qui perd son travail – à cause des nouvelles lois sous Vichy -, une famille qui se délite peu à peu, des espoirs et désespoirs. Le rythme est lent, je n’ai pas aimé. Je pense qu’en fait, je m’attendais à tout autre chose – des bombes, des morts, des difficultés à vivre : ce à quoi on s’attend d’un roman sur la Seconde Guerre mondiale, en fait. J’ai donc été surprise par le côté « paisible » du roman.

Ils possédaient tous deux l’étrange maturité des orphelins, cette façon de poser sur la vie un regard perçant et farouche, et aussi, songea Emma, une pureté enfantine qui en faisait des êtres droits et sensibles. Ce qui blessait l’un abîmait l’autre. Si on les séparait, chacun d’eux s’étiolerait, Emma en était sûre.

Mais un livre très agréable
Bien que je me sois ennuyée, je ne peux pas nier que ce roman est relaxant. Il aborde avec simplicité les petites choses du quotidien, sans prétention. Les personnages ne sont pas spécialement attachants mais se dévoilent au fur et à mesure. La plume est douce, sans fioritures, et crée une sorte de nuage autour du lecteur. Le roman n’est ni palpitant ni prenant, mais permet d’avoir une lecture calme entre plusieurs livres mouvementés. En somme, on peut apprécier ce livre si on n’est pas pressé, ce qui était malheureusement mon cas.

Quelques sujets abordés
Ce roman aborde beaucoup de sujets différents. Comme on suit notamment l’histoire des femmes, le plus présent est celui des enfants : unetelle n’en veut pas, unetelle en aimerait dix, unetelle n’a plus de mari avec qui en faire. On parle de désir de grossesse, de grossesse tout court. Et puis on parle de l’angoisse d’une mère pour son fils parti au front, on parle de ces heures sombres où seul le doute s’installe. On parle de la difficulté à communiquer avec ses propres enfants. Bref, La nuit, quand elle vient demeure un roman très riche.

Quand même émouvant
Je vais me calmer un peu et arrêter de cracher sur ce roman car même si je me suis ennuyée au possible, j’ai été émue quelquefois. L’oeuvre est très bien écrite et véhicule les émotions, parfois très violentes, de la famille Cathelan avec beaucoup de vivacité. C’est pour cela que je conçois totalement que certains aient aimé ce livre.

Je conseille ce roman à ceux qui aiment les romans du terroir, sur la vie à la ferme. A ceux qui ont envie de lenteur, de douceur, tout en découvrant l’envers du décor de la Seconde Guerre mondiale. Peut-être saurez-vous mieux l’apprécier que moi.


Aurore Py est une autrice franco-suisse.

Après s’être lancée dans l’écriture en 2014 avec « Les fruits de l’arrière-saison » (Marivole Ed.), après avoir touché au polar avec « Lavage à froid uniquement » (2016), « La nuit, quand elle vient » (2019) est son quatrième roman.

source : Babelio

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