Stefano Lurati : De l’autre côté du lac

De l’autre côté du lac (2021)
Stefano Lurati
aux éditions Jets d’encre
250 pages – littérature contemporaine


Un personnage de roman peut-il être doté de sa propre existence et s’évader de la fiction pour errer à sa guise dans la réalité ? C’est l’énigmatique défi auquel une inconnue soumet Stéphane Louquié, écrivain bougon et taciturne. D’abord réticent, il se laisse entraîner dans une histoire aux conséquences insoupçonnées qui ravive tout un pan enfoui de sa mémoire et chamboule sa vie jusque-là bien réglée. Car, quand sonne l’heure de solder ses comptes, on ne se débarrasse pas si facilement des ombres du passé…
Dans ce roman où l’on ne discerne bientôt plus le vrai du faux, Stefano Lurati interroge sur la frontière ténue entre réalité et fiction mais aussi entre délire inconscient et passage à l’acte, frontière floue et nébuleuse qu’il est toujours risqué de franchir sous peine de se retrouver, à son tour, perdu de l’autre côté du lac.

De l’autre té du lac en trois mots : Etonnant, original, incompréhensible


Bonjour à tous.tes. En ce début de fortes chaleurs, je viens vous parler d’un service presse que j’ai mis quelques temps à lire mais que j’ai finalement terminé ! Le synopsis de De l’autre côté du lac me faisait rêver ; j’avais l’impression que j’allais me lancer dans une expérience littéraire originale. Alors oui, je le concède, ce roman est original ; mais hélas, pour diverses raisons, je n’ai pas tout à fait accroché. Je remercie les Editions Jets d’Encre de leur envoi.

Un mode d’écriture assez inédit
Le concept du livre, de base, est assez original. On a en parallèle les aventures de Stéphane Louquié, écrivain au mauvais caractère, et celles d’Etienne, le héros de son roman. Les chapitres de ce dernier nous sont dévoilés au fur et à mesure de l’avancée de Stéphane dans son écriture. C’est assez déstabilisant au début, mais au final, j’ai beaucoup aimé la structure du livre. Elle permet de ne pas se lasser, et le fait de sauter d’une histoire à l’autre en permanence conserve le suspense. Les chapitres sont en majorité assez court et maintiennent un rythme de lecture agréable.

Une vision des femmes qui ne m’a pas plu
Parmi les gros points noirs du roman vient la vision qui est donnée des femmes. Etienne, le personnage créé par Stéphane, est un amoureux transi et voir les femmes à travers son regard m’a parfois mis mal à l’aise. Cela m’a posé problème car je ne pense pas que ce soit l’effet que Stefano Lurati a voulu donner. Elles étaient souvent considérées à travers le seul prisme de leur apparence physique, et leur caractère était généralement assez peu étoffé en dehors de cela. De plus, de manière globale, les personnages qui enchaînent les conquêtes ne sont pas ma tasse de thé. C’est plutôt dommage.

Un style d’écriture étonnant
En revanche, j’ai vraiment beaucoup apprécié le style d’écriture. Il peut devenir un peu lourd par moments, mais je l’ai trouvé globalement très élégant et original. Le vocabulaire employé par Stefano Lurati est très recherché et s’adapte parfaitement au registre du roman. Il lui confère une ambiance très particulière que j’ai plutôt apprécié. Cela a fait que dans un premier temps, j’ai énormément accroché à De l’autre côté du lac.

Un roman finalement difficilement compréhensible
Je dis « dans un premier temps » car le principal défaut que j’ai trouvé à cet ouvrage est sa deuxième partie. Tout va plutôt bien jusqu’à la moitié du roman, moment à partir duquel j’ai tout simplement commencé à… ne plus rien comprendre. Les aventures de Stéphane et celles d’Etienne se mélangeaient dans ma tête, et les chapitres commençaient à être trop longs pour que j’arrive à faire le lien à chaque fois. Il faut dire que ma lecture n’a pas été très assidue, c’est peut-être aussi de ma faute. La fin m’a rendue un peu perplexe et laisse énormément de questions en suspens. C’est un choix inhabituel mais qui peut se défendre. Personnellement, je suis complètement restée sur ma faim, avec un goût d’inachevé.

Mention spéciale à la fin de la fin
Un chapitre dissimulé là où personne ne glisse son nez permet de reconsidérer l’ensemble du roman, et pas que. C’est d’après moi un véritable coup de maître de la part de l’auteur ! Il m’a donné envie de relire le roman à la lumière des nouvelles informations que j’avais ainsi glanées.

En conclusion, je n’ai globalement pas apprécié ce roman -sûrement pas à sa juste valeur. Je pense néanmoins qu’il plairait à des personnes intéressées par le processus d’écriture et la mise en abyme du roman dans le roman. Les lecteurs touchés par les plumes particulières seront spécialement ravis.



Né en 1961, Stefano Lurati a grandi et effectué ses études à Fribourg (Suisse) où il a travaillé pendant vingt-sept ans en tant que journaliste au quotidien « La Liberté ». Il vit désormais à Lugano avec son épouse et leurs deux chats. « La Ligne de flottaison » est son premier roman.

Créées début 2007, les Éditions Jets d’Encre comptent aujourd’hui plusieurs auteurs de qualité et publient des sujets aussi variés que des romans, de la poésie ou des ouvrages professionnels et techniques.

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