Yasmina Behagle : Leur Mère à toutes

Leur mère à toutes (2021)
Yasmina Behagle
autoédité
280 pages – roman historique

Sœur Marie est une religieuse comme les autres : elle prie le matin, aide le père Paul, et écoute les fidèles. Pourtant, après le meurtre de la Sous-Prieure de Saint-Lazare, c’est elle qu’on affecte là-bas. Elle doit se charger de la surveillance des prisonnières les plus dangereuses de France. Mais, quand celles-ci vont se livrer à elle, elle va comprendre qu’il s’agit surtout de femmes qui sortent du cadre établi par la société de l’époque. Comment les aider à trouver leur place dans le chaos ? Comment ne pas finir comme sa prédécesseur ? Et surtout, n’a-t-elle pas elle aussi des choses à se reprocher ?

Roman choral dans lequel interviennent à plusieurs reprises les prisonnières pour expliquer les raisons de leur incarcération, la violence de certaines situations permet une réflexion sur ce que subissent les femmes d’hier et d’aujourd’hui.

LEUR MERE A TOUTES EN TROIS MOTS : envoûtant, intéressant, libérateur


Bonjour ! Je reviens aujourd’hui pour vous parler d’un roman lu en service presse, Leur mère à toutes, par Yasmina Behagle. Je l’ai accepté à un moment de ma vie où je pensais ne plus accepter de SP – mon emploi du temps et ma vie étudiante chronophage me l’empêchant. Mais j’avoue qu’en lisant le synopsis et en me renseignant un peu sur l’autre ouvrage de l’autrice, j’ai finalement eu très envie de le lire. Je ne regrette absolument pas ! Ce roman est vraiment très bon, malgré quelques petits défauts sans importance. Je remercie vivement Yasmina Behagle pour sa confiance malgré le long délai.

Un synopsis qui me parlait beaucoup, évidemment
Ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est son thème : c’est un livre sur les femmes, écrit par une femme, ce qui m’a fait foncer dessus sans gamberger. C’est quelque chose de suffisamment peu courant pour mériter d’être souligné. De plus, cela est véritablement mené avec brio malgré un thème de base très original que j’imaginais difficile à exploiter : suivre une religieuse en proie au doute dans un environnement carcéral historique. Des femmes racontent leur histoire, couplées à celle de Soeur Marie. Cela en fait un roman assez riche dans lequel la femme est au centre des préoccupation : la femme comme amante, comme mère, comme progénitrice, comme combattante, comme amoureuse, bref : la femme comme femme. Les relations entre femmes sont plus creusées que celles entre les hommes et les femmes, et ça fait un bien fou.

Un roman choral aux échos actuels
Qui a dit que le XIXe siècle – moment de la narration – ne pouvait pas nous éclairer un peu plus sur notre présent ? Un des objectifs de l’autrice avec ce roman était de faire naître un écho dans la tête de ses lecteurs. Des femmes criminelles, pour la plupart en prison pour meurtre, ont leur chapitre dans le roman afin d’éclairer soeur Marie sur leur condition. Résultat : globalement, chacune d’entre elle a vécu une facette des violences faites au femmes encore aujourd’hui. Cela m’a même parfois noué la gorge. Le roman aurait peut-être mérité quelques TW placés en début d’ouvrage. Mais cela souligne la qualité de l’écriture de Yasmina Behagle.

L’écriture, un point fort
Effectivement, ce roman est porté tout du long par une écriture très agréable à lire. Elle est fluide, imagée et très incisive quand il le faut. Elle permet de voir les situations de ces femmes à travers une fenêtre sans être jugées – ce qui peut paraître assez surprenant quand on sait qu’on lit à travers les yeux d’une religieuse ! C’est simple, évocateur et extrêmement plaisant. Ce roman est vraiment très agréable à lire et en contentera plus d’un. Certains passages sont très sensibles et émouvant et sont menés et dosés d’une main – que dis-je, d’une plume – de maître.

Quelques points un peu négatifs cependant
Ainsi, j’ai globalement vraiment apprécié Leur mère à toutes. Mais je lui fais quelques petits reproches. Le plus gros étant le côté un peu « répétitif » de l’intrigue. Vers la fin, j’avais un peu l’impression de tourner en rond, ce qui est un peu frustrant. Ceci dit, une suite et prévue et je la lirai quand même avec plaisir ! 😀 De plus, le trop grand nombre de personnages aux prénoms similaires m’a un peu perdue (Blandine, Léontine, Marthe, Berthe, Victoire, Victorine…). Et enfin, je regrette de ne pas avoir assez senti la critique sociale qui émanait du livre. Elle était certes présente et discernable mais je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus marqué. Cela altère un peu le confort de lecture mais pas de manière significative.

Ce roman plaira à celleux qui aiment les histoires de femmes. Les histoires qui parlent de la vie de tous les jours, qui dénoncent les violences. Yasmina Behagle est une autrice très talentueuse qui a mené son projet d’une main de maître. N’hésitez que très peu à découvrir soeur Marie et son quotidien à la prison de Saint-Lazare. Je suivrai l’autrice avec attention et projette déjà de lire son autre roman, Fièvre de lait qui traite plus particulièrement de la maternité.


Biographie trouvée sur le site de l’autrice. Foncez-y vite, une surprise vous y attend.

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