Béatrice Hammer : Ce que je sais d’elle

Ce que je sais d’elle
Béatrice Hammer
Editions d’Avallon
Thriller
100 pages – 2021
Par l’autrice de Cannibale Blues

Une femme a disparu.
Elle laisse derrière elle un mari, deux enfants, des collègues, des voisins, des amis…
Que faire, que penser lorsque, du jour au lendemain, la personne que vous croyiez connaître vous abandonne ? A-t-elle refait sa vie ailleurs ? Est-elle morte ?
Chacun répond à sa manière à ces multiples interrogations, et c’est ainsi que s’ébauche un magnifique portrait de femme, tout en nuances et en subtilité.

Ce que je sais d’elle en trois mots : court, mystérieux, vibrant


Me revoilà avec un nouveau partenariat avec les éditions d’Avallon. Si vous me suivez régulièrement, vous le savez : les livres qu’ils publient sont à mes yeux une valeur sûre. J’ai beaucoup aimé tous ceux que j’ai lus. De plus, je salue et j’admire la démarche de l’association – j’en dirai quelques mots en fin d’article pour les courageux. J’ai choisi de lire ce livre car je connaissais l’autrice grâce à son autre roman Cannibale Blues que j’avais adoré l’été dernier, alors je me suis lancée dans le roman sans réfléchir, sachant pertinemment qu’il allait me plaire. Je ne suis pas déçue ! Quelques explications.

Une narration novatrice
J’ai mis une bonne vingtaine de pages à comprendre comment Béatrice Hammer a construit son roman. En effet, une femme a disparu, et Ce que je sais d’elle est la succession de 29 témoignages de son entourage. Qui est-elle ? Qu’a-t-elle bien pu faire ? Est-elle morte ? Suicidée ? Juste partie ? Ce mode de narration est tout à fait nouveau pour moi. J’ai franchement bien accroché. Les chapitres très courts donnent beaucoup de rythme au roman qui se dévore.

Un suspense bien ménagé
Les différents personnages -qu’on peine parfois à identifier, ce qui m’a paru un peu dommage d’un point de vue de la compréhension- sont plus ou moins proche de la disparue, nommée tout au long du roman simplement « elle ». Ainsi, les différents témoignages divergent, se croisent, se répondent. Le portrait dressé est complet, évidemment quelque peu contradictoire -les points de vue ne sont pas les mêmes entre le père et la boulangère- mais cohérent et donne au lecteur envie de savoir ce qu’un si singulier personnage a pu devenir. J’ai trouvé que la mise en place du suspense est originale et efficace. La connaissance de la disparue qui s’approfondit au fur et à mesure permet au lecteur de se faire sa propre idée.

Un style interchangeable
J’imagine que l’écriture de Ce que je sais d’elle a été un vrai défi pour Béatrice Hammer : en effet, les personnages qui se succèdent s’adressent au lecteur à la première personne, et chacun a son style. On notait vraiment bien la différence entre les différents interlocuteurs. Je tiens à féliciter l’autrice d’avoir réussi ce tour de force qui, je l’imagine, n’est pas simple. Cela donne une raison de plus de se lancer dans le roman – vous ne serez pas déçus.

Un roman court, un final satisfaisant
Le roman fait à peine 100 pages. J’estime que c’est tout à fait adapté étant donné la narration qui est particulière : un roman plus long aurait pu lasser les lecteurs. C’est certes vite lu, mais je n’ai pas été dérangée par cet aspect. Le rythme assez lent permet de contrebalancer cette impression. Cependant, j’avais très peur d’être déçue par la fin du roman : je n’aime pas les fins ouvertes et je ne voyais pas comment conclure autrement. Eh bien, tour de force de la part de l’autrice : la fin est passée toute seule ! Ceci dit, la longueur du roman et la prévisibilité de la fin (pas de grosse surprise pour ma part) font que Ce que je sais d’elle ne sera pas classés parmi mes favoris (contrairement à Cannibale Blues !). J’ai hâte de découvrir à nouveau Béatrice Hammer dans un autre thriller, Une baignoire de sang, que je lirai très bientôt.

Je conseille ce livre aux amateurs de mystères, qui ont envie de se laisser porter par un livre original au suspense maîtrisé. Béatrice Hammer signe un thriller de qualité, court et facile à lire qui ravira les amateurs du genre.


Les éditions d’Avallon est une maison d’édition à but non lucratif gérée par des bénévoles passionnés de littérature ; les bénéfices perçus sont directement reversés aux auteurs. Le site ici.

Béatrice Hammer est romancière, scénariste et réalisatrice. Elle a publié une quinzaine d’ouvrages, qui lui ont valu régulièrement le prix des lecteurs notamment le prix Goya, le prix Tatoulu et le prix Livre mon ami.

Cannibale blues, son plus grand succès, a été la sélection Attention Talent des libraires de la FNAC. Une baignoire de sang, son premier polar vient de sortir aux éditions Alter Real. (Source : Les éditions d’Avallon)

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